BIENVENUE AU
MONASTÈRE DE SAINT-MACAIRE
au Désert de Scété
(Wâdi el Natroun)
 

LES MOINES DE SAINT-MACAIREAu Wâdi el Natroun, I’ancien Désert de Scété, à proximité du kilomètre 92 de la route désertique qui relie Le Caire à Alexandrie, se trouve le monastère de Saint-Macaire. Il fut fondé en 360 par saint Macaire l’Égyptien, autour duquel se groupèrent, pour jouir de sa paternité spirituelle, plus de quatre mille moines de diverse provenance: Égyptiens, Grecs, Éthiopiens, Arméniens, Nubiens, Asiates, Palestiniens, Italiens, Gaulois ou Espagnols. On y rencontrait des savants, des philosophes, des membres de la plus haute aristocratie de l’époque à côté de simples fellahs analphabètes. Du quatrième siècle jusqu’aujourd’hui le monastère a toujours été habité par des moines [Le P. MATTA EL MASKÎNE  a consacré un gros ouvrage en langue arabe à l’histoire et à l’archéologie du monastère de  St-Macaire, sous le titre : Le monachisme copte au temps de saint Macaire, Le Caire 1972, 880 pages. On en trouvera une analyse détaillée par ASHRAF ISKANDAR  SADEK, dans Le monde copte I (1977), no. 4., pp. 34-38 ].

 En 1969, l’arrivée d'une douzaine de moines, sous la direction spirituelle du Père Matta el Maskîne, renouvela entièrement le monastère, tant au plan spirituel que dans l’architecture. Jusque-là ces moines avaient vécu ensemble, entièrement coupés du monde, dans des grottes du désert du Wâdi el Rayyân, à cinquante kilomètres environ au Sud du Fayyoum. Durant une dizaine d'années, ils y avaient mené la vie érémitique la plus complète, dans l’esprit des premiers Pères du désert, avec la même simplicité, le même dépouillement total de tous les biens de ce monde et de toutes ses préoccupations, la même expérience profonde de l’amour divin, la même confiance totale en la Providence au milieu des pires conditions de la nature et des dangers des lieux déserts. Cette période avait ainsi été, dans la vie de ces douze moines, l’occasion la plus favorable pour les fonder ensemble dans le creuset de l’amour divin et les unir en Christ, dans l’esprit de l’Évangile.

Ce groupe quitta donc le Wâdi el Rayyân en 1969 pour obéir à feu le patriarche Cyrille VI qui leur ordonnait de se rendre au monastère de Saint-Macaire pour le rénover. Le patriarche reçut le groupe, le bénit et l’assura de ses prières, demandant pour le père spirituel la grâce de faire refleurir le désert et de le peupler de milliers de solitaires. Le monastère ne comptait plus alors que six moines âgés et ses anciens bâtiments menaçaient de tomber en ruine. Aussi le nouveau groupe fut-il accueilli chaleureusement par le supérieur du monastère, Amba Michaïl, qui est évêque d’Assiout. Par sa perspicacité et son humilité, il sut fournir aux nouveaux moines le climat favorable au renouveau souhaité.

Actuellement, sous le patriarcat du pape Shenouda III (qui s’est personnellement occupé de rénover les deux monastères d’Amba Bishoï et de Baramous), après trente ans d’une activité incessante en vue de sa reconstruction et de son renouveau spirituel, le monastère de Saint-Macaire compte plus de cent dix moines.  La plupart d’entre eux ont terminé leurs études universitaires et ont pratiqué, avant d’entrer au monastère, diverses professions dans le monde comme agronomes, vétérinaires, médecins, professeurs, pharmaciens ingénieurs de toutes branches, etc. Tous essayent de vivre dans la plus grande union spirituelle, selon l’esprit de l’Évangile, en pratiquant ensemble l’amour fraternel et la prière incessante du cœur. Le Père Matta el Maskîne assure la direction spirituelle du monastère dans l’unité de l’esprit. Il se fait aider par les plus anciens pour la direction des plus jeunes. Le renouveau se manifeste aussi par une pratique soignée de l’office et des autres prières liturgiques, car les moines visent, tant par la pratique que par l’étude assidue, à rendre à l’Église l’authentique esprit ecclésial des premiers siècles.

 LA RECONSTRUCTION DU MONASTÈRE

Les nouvelles constructions du monastère, conçues et réalisées par les moines compétents, ont été terminées en 1985. Elle comprennent plus de deux cent cellules (la cellule se compose d’une pièce pour le travail, d’une chambre à coucher, d’une salle d’eau et d’une cuisine), un grand réfectoire où les moines se rassemblent une fois par jour pour l’agape fraternelle, une nouvelle bibliothèque , une grande hôtellerie avec plusieurs salles de réception et de nombreuses chambres individuelles pour les retraitants et les hôtes de passage, sans compter les nombreux bâtiments des dépendances du monastère : cuisine, boulangerie, ateliers divers, fermes, etc.  Ces nouveaux bâtiments occupent une superficie six fois plus grande que celle de l’ancien monastère (près de dix feddans, c’est-à-dire quatre hectares).

On a pris soin aussi de restaurer les anciens monuments du monastère. Ce travail difficile et délicat a été mené à bien sous le contrôle des meilleurs archéologues du Service des Antiquités [Ce sont MM. Gamal Méhrez, Gamal Moukhtar, Abd el Rahmân Abd el Tawwâb, Zaki Iskandar et le Dr. Grossmann (allemand).].  Ces spécialistes ont grandement apprécié les efforts déployés par les moines dans le domaine archéologique. Sur leur conseil, on entreprit de restaurer et de consolider les monuments historiques, mais de détruire toutes les constructions récentes et délabrées qui les encombraient et même les recouvraient, surtout les latrines dont les mauvais systèmes d’égouts représentaient un danger réel pour la conservation des anciens monuments.

Au cours de la restauration de la grande église de Saint Macaire, on exhuma les reliques de Jean Baptise et d’Élisée le prophète qui furent trouvées dans une crypte au bas du mur nord de cette église, comme l’indiquaient déjà des manuscrits du XVIe siècle. Un compte-rendu détaillé de cette découverte et des preuves de son authenticité a été publié par le monastère.

 NOS RESSOURCES

Jusqu’à la fin de la reconstruction du monastère, nous avons dépensé près de trois millions de livres égyptiennes sans avoir eu de fonds, ni aucune entrée financière stable. Le monastère n’avait pas de compte en banque, ne rassemblait pas de dons, et n’était subventionné par aucun organisme. Il n’annonçait jamais ses besoins financiers, sinon devant le Seigneur, dans une prière commune offerte en ce but, et l’argent nous arrivait sous forme de dons quotidiens, dans la mesure de nos besoins, souvent d’une façon miraculeuse qui ne permettait pas de douter que Dieu prenait la responsabilité de cette œuvre immense, aussi bien au plan matériel que spirituel.

Actuellement, grâce aux divers travaux des moines (plantations, élevage, imprimerie, etc...), nous parvenons à vivre en autarcie, et même à offrir une aide aux plus démunis, par l'intermédiaire d'une œuvre caritative fondée par le monastère.

 L’AGRICULTURE ET L’ÉLEVAGE

 Dès 1975, les moines ont commencé à bonifier et à planter les terrains désertiques attenants au monastère. On y planta tout d’abord des arbres fruitiers (figuiers et oliviers), divers genres de fourrage, diverses cultures mais surtout des pastèques. De grandes fermes furent bâties à un kilomètre au nord du monastère, pour le gros bétail (vaches et buffles), le menu bétail (moutons) et la volaille. Le gouvernement égyptien a été sensible aux efforts des moines dans les domaines de l’élevage et de l’agriculture: ils portent ainsi leur part de responsabilité dans la solution des problèmes alimentaires du pays. Le gouvernement a surtout apprécié les efforts des moines pour introduire en Égypte et adapter aux conditions locales, de nouvelles espèces de bétail, de volaille et de plantations.

Notamment un nouveau genre de fourrage (la betterave fourragère) a été planté pour la première fois en Égypte par les moines. Cette expérience promet, une fois étendue à tout le pays, de résoudre les problèmes de l’élevage en ce pays. En gratitude de cette découverte, le président Sadate a fait don au monastère, en 1978, de mille feddans de terre désertique, de deux tracteurs et du forage d’un nouveau puits à pompe submergée plus important que les trois dont disposait déjà le monastère.

 CONDITIONS D’ADMISSION

 La seule condition d’admission posée par le père spirituel au nouveau candidat est, selon son expression, « qu’il ait senti son cœur battre, ne serait-ce qu’une fois, par amour pour Dieu ». Car c’est l’amour du Seigneur qui nous a réunis et qui ne cesse de régir notre vie communautaire au jour le jour. Nous n’avons pas d’autre règle ni d’autre but que de nous soumettre toujours à la volonté de Dieu par amour pour Lui. Cette volonté divine nous est déclarée par sa Parole dans l’Écriture Sainte. Aussi notre principale occupation est-elle de ruminer sans cesse la Parole de Dieu, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. C’est là la source de notre dynamisme, de notre soif renouvelée de Dieu et de notre amour toujours plus grand pour les hommes.

L’amour est la seule règle du monastère, l’amour sans conditions et sans limites, tel qu’il nous a été manifesté sur la croix. Cet amour est à la fois le mobile et le but de toutes nos actions, de tous nos efforts et de tous nos sacrifices.

Le père spirituel (quatre-vingt trois ans) est le père de la communauté toute entière. C’est lui qui parmi nous tient lieu de règle monastique. Il est une règle vivante, qui s’adapte à chaque cas, à chaque moine, à chaque vocation particulière et ne cesse de se renouveler et de progresser avec chaque moine dans le chemin qui mène vers Dieu.

Nous n’avons pas de règle de pénitences ni de corrections, car la charité s’avère être plus efficace que toute correction. Le sentiment d’être étrangers sur cette terre nous rend facile de nous soumettre les uns aux autres par amour pour le Christ.

 LA JOURNÉE DU MOINE

Nous n’avons pas d’horaire bien précis; la majeure partie du temps est laissée à la discrétion du moine, selon ce qui lui est conseillé par le père spirituel. Cependant une première cloche à quatre heures nous réunit à l’église pour chanter ensemble en copte la louange de minuit. Ce sont surtout des cantiques bibliques (Ex. 15 ; Ps. 135 ; Dn. 3 ; Ps. 148-150) qui chantent la louange du Dieu Créateur et Sauveur de l’univers. C’est là le plus beau moment de notre journée monastique. Nous avons pris soin d’ajuster au mieux nos chants liturgiques, en nous faisant aider par les chantres les plus anciens et les plus autorisés de l’Église copte.

Aussi, le chant de ces mélodies étant devenu très harmonieux, nos voix se fondent les unes dans les autres, expression de la fusion de nos âmes ; et c’est vraiment d’un même cœur et d’une même bouche que nous chantons la louange du Seigneur (Rm. 15, 6). Tous les moines ont conscience qu’en participant à cette louange quotidienne et en prenant part au repas commun nous goûtons tous les jours, par anticipation, la béatitude du Royaume à venir. Vers six heures cette célébration se termine par l’office de Prime.

UNITÉ DU TRAVAIL ET DE LA PRIÈRE

Après l’office de Prime, chacun commence à s’occuper de la tâche qui lui est confiée par le père spirituel et qui correspond le plus souvent à la profession qu’il avait dans le monde. Le moine commence son travail, l’âme dilatée par l’ambiance de louange dans laquelle il a vécu ces quelques heures à l’église. Il commence ainsi à goûter le mystère de l’unité entre le travail et la louange de Dieu. S’il persévère avec succès, le travail se transforme spontanément entre ses mains : d’occasion de fatigue, de labeur et de malédiction (« Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front »), il devient louange incessante de Dieu et amour fraternel.

Tous les travaux du monastère sont ainsi transfigurés en une même activité spirituelle, tant sur les chantiers de constructions qu’à la salle des machines, à l’atelier de menuiserie ou à la forge, dans les plantations ou à la ferme, à l’hôtellerie ou au dispensaire médical ou encore à la cuisine du monastère. [Cf. Zach. 14,  20-21: «Et les marmites, dans le Temple du Seigneur, seront comme les coupes d’aspersion devant l’autel. Et toute marmite à Jérusalem et en Juda deviendra une sainte propriété du Seigneur des armées ; tous ceux qui veulent offrir un sacrifice viendront en prendre et s’en serviront pour la cuisine »]. C’est ainsi que le travail quotidien le plus prosaïque, tel que la cuisine, se transforme en œuvre sainte et que tout le monastère est transfiguré en Temple du Seigneur. Ne vivons-nous pas justement les temps messianiques annoncés par Zacharie ? La cuisine prépare aussi la nourriture pour nos ouvriers, dont le nombre varie entre quatre cents et mille, selon les diverses saisons. Le dispensaire du monastère est desservi par plusieurs de nos moines, médecins de diverses spécialisations, un oculiste, un dentiste et plusieurs pharmaciens.  Il offre tant aux moines qu’aux ouvriers toute espèce de soins médicaux et de remèdes. Tous nos ouvriers, en plus de leur salaire, sont ainsi logés, nourris et soignés gratuitement. Nous assurons également leur orientation religieuse et morale et leur entraînement professionnel.

La vie pratique est pour le moine l’occasion irremplaçable de se former, de progresser, de mettre en pratique les principes spirituels qu’il a appris, de prendre conscience de ses défauts et de s’en corriger. Le travail, souvent même le travail écrasant, présente au moine l'occasion de détecter ses déficiences et de les corriger psychologiquement et spirituellement.

Nous ne séparons jamais l’ordre matériel de l’ordre spirituel. Toute notre vie, même dans ses détails les plus matériels, doit contribuer au progrès spirituel de chaque moine et de la communauté toute entière à la louange de Dieu, « pour la perfection des saints, pour l’édification du Corps du Christ » (Éph. 4, 12).  Nous avons la conviction profonde que, par ces petites œuvres si banales que nous accomplissons sur la terre, c’est notre vocation céleste que nous achevons.

 Cette unité entre ce qui, dans notre vie, est matériel et ce qui est spirituel est une norme très importante de notre spiritualité. C’est à cause d’elle que le rôle du père spirituel ne se limite pas à diriger la vie intérieure, mais s’étend à toute la vie matérielle, psychologique et corporelle, dans ses moindres détails. C’est à cause d’elle également que nous n’avons pas d'horaire strict qui séparerait les temps de prière des temps de travail. Quelle que soit la diversité de nos occupations tout au long de la journée, nous considérons que nous n'avons tous qu’une seule et même tâche essentielle à laquelle nous devons nous adonner sans cesse, aussi bien durant notre travail que dans notre cellule ou à l’église: nous présenter en holocauste d’amour au Seigneur Jésus, en élevant nos cœurs dans une prière incessante et en demeurant sans cesse, même au milieu des plus dures circonstances du travail, paisibles de la paix du Christ qui surpasse toute intelligence (Ph. 4,7).

Un visiteur qui observerait les moines durant le travail, ne saurait nullement distinguer le moine ancien du débutant, ou le supérieur du simple moine. C’est que le travail les unit dans une intimité pleine de charité et d'humilité réelle.  Leurs mouvements s'accordent et ils échangent indifféremment toutes les tâches, qu’elles soient grandes ou petites.

LE REPAS EN COMMUN ET LES DIVERSES RÉUNIONS COMMUNAUTAIRES

Vers midi nous nous réunissons au réfectoire pour chanter la louange de None avec ses douze psaumes, suivie de l’unique repas quotidien pris en commun. Pendant que nous mangeons, on nous fait la lecture des apophtegmes des Pères. Le repas du soir, et éventuellement celui du matin (pour les faibles et les malades) est pris individuellement dans la cellule, à l’horaire et avec la quantité indiqués à chacun par son père spirituel, selon sa capacité de jeûner et aussi selon l’effort physique qui lui est demandé. Ainsi notre vie commune n’entrave pas la vie personnelle de chaque moine.

De temps à autre, le père spirituel nous réunit à l’église pour une instruction spirituelle. Mais cette réunion n’a pas lieu régulièrement; elle garde son caractère libre, occasionnel, qui dépend de l’inspiration donnée par Dieu au père spirituel selon les besoins de la communauté.

 LA LITURGIE EUCHARISTIQUE

 Selon la tradition des pères du désert du désert nous n’avons normalement qu’une seule liturgie eucharistique par semaine, le dimanche matin. Elle commence par l’office de la louange à deux heures, se termine vers huit heures et est suivie d’un repas d’agape. C’est par cette célébration de l’eucharistie que notre communauté se transforme d’un simple rassemblement humain en la réalisation du Corps du Christ. C’est pour cela que la messe parmi nous ne peut être la prière d’un individu, ni même d’une partie de la communauté, mais qu’elle est essentiellement la réunion de la communauté toute entière, rassemblée en Église, autour de l’Agneau immolé pour célébrer le festin de ses noces (Ap. 19, 9).

 PLACE DE L’ÉREMITISME DANS NOTRE VIE

 Nous vivons une vie communautaire mais nous considérons que l’épanouissement total de la vocation du moine se réalise dans la vie de solitude en plein désert. Lorsqu’un moine est suffisamment apte à vivre seul, le père spirituel lui permet de sortir en plein désert pour vivre en solitaire, dans un ermitage ou dans une grotte taillée dans la montagne. Mais même avant cette sortie définitive, le père spirituel peut permettre à certains moines de goûter la douceur de la vie solitaire pour une période déterminée soit dans une grotte, soit dans leur propre cellule.

 NOTRE VOCATION À L’ÉGARD DU MONDE

 Le monastère accueille un grand nombre de visiteurs, égyptiens et étrangers. La plupart cherchent surtout à recevoir la bénédiction du lieu consacré par les larmes et les prières de générations de saints, dont les noms sont devenus célèbres dans le monde entier. Qui donc n’a jamais entendu parler des saints Macaire le Grand, Macaire d’Alexandrie, Jean le Petit, Paphnuce et Isidore, Arsène et Moïse le Noir, Poemen et Sisoès, Isaïe de Scété, Sylvain, Sérapion et tant d’autres ?

Le monastère met à la disposition des visiteurs des moines prêts à les écouter, à répondre à leurs questions et à les diriger dans la vie spirituelle. La plupart de nos visiteurs oublient tous leurs soucis et leurs problèmes dès qu’ils entrent au monastère. La grande joie spirituelle qu’ils retirent de ce lieu béni leur fait dépasser tout ce qui les attristait.

Par les nombreux écrits du père spirituel (plus d’une quarantaine de livres et plusieurs centaines d'articles), le monastère joue un rôle prépondérant quant à l’éveil spirituel de l’Église copte. Nous assurons également la rédaction de « Morcos », revue mensuelle de spiritualité s’adressant surtout à la jeunesse. De nombreux sermons du Père Matta el Maskîne enregistrés sur cassettes et sur CD circulent parmi les coptes, tant en Égypte qu’à l’étranger. Le monastère dispose depuis 1978 d’une imprimerie moderne qui lui permet d’imprimer sur place ses diverses publications, tant en arabe qu’en langues étrangères. Par ailleurs, plusieurs livres du Père Matta el Maskîne ont été traduits et publiés à l'étranger, en français par la revue Irénikon et par les Éditions de Bellefontaine, en italien  par la Communauté de Bose et en anglais par les Éditions du Séminaire de St-Vladimir aux Etats-unis. Il existe également des traductions en allemand, en espagnol, en néerlandais, en polonais, en grec moderne, en serbo-croate et en russe.

Le monastère se distingue par une sincère ouverture spirituelle envers les groupes humains de quelque religion ou confession qu’ils soient. Avec joie, empressement et cordialité, nous recevons tous les visiteurs qui se présentent, indépendamment de leurs convictions religieuses, et cela non par opportunisme mal placé, mais par charité réelle et sans feinte (Rm. 12, 9) envers tout être humain.  Nous sommes les amis sincères de tout visiteur, prêts à lui donner tout notre cœur et toute notre amitié.

Le monastère entretient des relations spirituelles, culturelles et monastiques avec divers monastères à l’étranger, comme le monastère de Chevetogne en Belgique, l’abbaye de Solesmes et l'abbaye de Bellefontaine en France, la Communauté de Bose, le Monastery of Incarnation en Angleterre, etc. Plusieurs moines de ces monastères font parmi nous des séjours plus ou moins longs.

Le monastère a de bonne relations avec les divers organismes du gouvernement égyptien. On sait partout que tous nos moines ont fait leur service militaire et qu’il y a donc parmi eux un grand nombre d’officiers et de soldats. On estime surtout les opinions politiques du P. Matta el Maskîne qui se distinguent par leur intégrité, leur humanité et leur sérieux. Dans son livre sur L’Église et l’État  il réclame que la politique soit entièrement séparée de la religion. « Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Dans d’autres écrits comme La vie sectaire et le fanatisme, il met en garde contre la tendance des minorités à se refermer sur soi et à mépriser les autres.

Le moine a conscience de la gravité de sa responsabilité face au monde pécheur, face à l’Église en division et en décadence, face à la jeunesse d’aujourd’hui qui s’éloigne de plus en plus de Dieu. Il se considère comme le représentant du monde souffrant devant Dieu ; aussi s’offre-t-il tous les jours en sacrifice, uni au sacrifice du Christ pour le salut du monde. D’autre part, tous les moines continuent à parfaire leur formation par de sérieuses études pour être toujours prêts à servir le Seigneur n’importe où, pourvu que ce service ne soit pas contraire à leur vocation monastique.

 NOTRE VIE MONASTIQUE ET L’UNITÉ DE L’ÉGLISE

 Notre monastère vit pleinement l’unité de l’Église en esprit et en vérité, en attendant qu’elle se réalise également au niveau de la lettre et de la hiérarchie. En raison de notre sincère ouverture decœur et d’esprit envers tous les hommes, indépendamment de leur confession religieuse, il nous est devenu possible de nous reconnaître nous-mêmes dans les autres, ou plutôt de reconnaître le Christ en tout homme. L’unité chrétienne, pour nous, c’est de vivre ensemble dans le Christ par l’amour. Les barrières tombent alors d’elles-mêmes et les différends disparaissent. Il ne reste plus que le Christ Unique qui nous rassemble tous en sa personne sainte.

Le dialogue théologique doit être mené, mais nous le laissons aux responsables compétents. Quant à nous, nous sentons que l’Unité de l’Église existe dans le Christ et que c’est, par conséquent, dans la mesure où nous nous unissons au Christ, que nous découvrons en Lui la plénitude de l’unité. « Si quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle » (2Cor. 5, 17). Et en cette création nouvelle il n’y a point de multiplicité mais « un seul homme nouveau » (Eph. 2, 15). Bien que nous vivions intégralement notre foi orthodoxe, en ayant conscience de toute la vérité et la richesse spirituelle qui s’y trouvent, nous savons néanmoins que dans le Christ, « il n’est plus question de Grec ou de Juif, de circoncision ou d’incirconcision, de Barbare, de Scythe, d’esclave, d’homme libre; il n’y a que le Christ qui est tout et en tout” (col. 3, 11). Dans ce déchirement intérieur nous voudrions mourir tous les jours en sacrifice pour la réconciliation des Églises.

Nous avons trouvé dans la vie monastique le meilleur moyen d’union au Christ et par conséquent la meilleure réalisation de cette création nouvelle qui rassemble les hommes « de toute nation, race, peuple et langue » (Ap. 7, 9) dans l’unité de l’esprit et du cœur. Cela était très clair dès le début de la vie monastique au désert de Scété. Le charisme particulier de saint Macaire était de savoir rassembler par sa dilection paternelle, des hommes de caractères très dissemblables, de classes sociales très différentes, de races très diverses. Parmi ses fils spirituels on voyait un saint Moïse le Noir, ancien brigand nubien, à côté d’un saint Arsène, philosophe romain pondéré et précepteur des enfants de l’empereur, des fellahs égyptiens analphabètes à côté des saints Maxime et Domèce, fils de roi. Et tout ce monde vivait dans la plus grande harmonie spirituelle grâce à l’esprit de grande charité qui animait saint Macaire et qui fut transmis par lui à ses contemporains et à sa postérité spirituelle jusqu’à nos jours.

Nous espérons que le désert de Scété redeviendra le lieu d’une réalisation exemplaire de bonne entente, de réconciliation et d’unité, pour tous les peuples de la terre dans le Christ Jésus.

LES MOINES DE SAINT-MACAIRE

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